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Whophon Capitaine de division
 Inscrit le: 27 Mai 2006 Messages: 6817 Localisation: Mizar
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Posté le: 21/01/2009 - 0:51 Sujet du message: |
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Bon, ce soir je vais vous présenter The Goon, de Eric Powell, dont 6 volumes sont déjà parus en France, toujours chez Delcourt. Aux USA, ils sont en attente du tome 7, et il y a déjà le matériau nécessaire pour aller au moins jusqu'au 8. Et ça continue.
C'est pas facile de présenter The Goon, tellement cette BD a de multiples facettes, de la plus simpliste à la plus tordue. A priori ça ne m'intéressait pas, seulement j'ai jeté un œil parce que Hellboy en personne apparaît dans un des chapitres du tome 3, et j'ai décidé d'approfondir la question.
The Goon démarre comme une succession de petites histoires compilées en volumes reliés. On en distingue 3 sortes: les complètement HS faites par d'autres auteurs invités, les régulières qui se suivent sans forcément avoir de lien, et les n'importe quoi qui sont généralement très courtes et sont souvent des parodies d'émissions ou de valeurs américaines célèbres. Quand ce n'est pas l'auteur qui se parodie lui-même ^^
L'humour est omniprésent, et lui aussi il est multiforme: ça va du décalé très fin avec un monstre innommable qui vous sort d'énormes bulles de discussions philosophiques improbables, au pipi-caca bourrin limite gore.
Et puis, au bout d'un moment, avec le volume 5, on amorce un virage. Il y a un fil conducteur solide, comme si tout ce qui précède était une mise en place. Tous les perso improbables obtiennent un véritable rôle. Et surtout l'humour devient de plus en plus diffus, laissant place parfois à du scénario très noir, voire triste. Virage définitivement adopté dans le volume 6.
L'histoire se passe dans une réalité alternative, une sorte de petite ville portuaire de l'Amérique profonde et dégénérée des années 40. La mafia et les gangs règnent en maître, devant composer avec tout un paquet de monstruosités locales allant du loup-garou alcoolo à la famille de spectres anthropophages, en passant par la MAMC (Milice Aérienne des Mollusques Communistes) et l'Assemblée de vampires néo-gothiques.
Le héros, c'est l'énigmatique Goon, un colosse patibulaire au visage lacéré et affublé d'incisives proéminentes. Accompagné de son pote Franky, un nabot limite psychopathe, il sert de bras armé à Labrazio, un caïd local que tout le monde craint, mais qui ne se montre jamais et que personne n'a vu depuis des années... le Goon, lui, est plutôt apprécié de la populace de sa ville, qu'il protège autant que possible.
Mais de l'autre côté de la cité, à Lonely Street, il y a l'Homme sans Nom, le Prêtre Zombie, qui sème la terreur parmi les gangs avec son armée de cadavres ambulants et d'horreurs diverses. On ne sait pas ce qu'il est ni ce qu'il veut vraiment, mais le Goon va devenir son principal adversaire. Leur lutte sert de toile de fond à l'histoire, jusqu'à atteindre un point critique, passant de guéguerre plutôt marrante à du véritable comics d'horreur.
Voilà, à ne pas acheter aveuglément étant donné le patchwork de genres que constitue cette série. Mais du moment qu'on y trouve un intérêt, ça ne va que s'améliorant.

Régent de l'Empire en exil.
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Whophon Capitaine de division
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Posté le: 25/03/2009 - 0:06 Sujet du message: |
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Aujourd'hui (officiellement demain), sortie du tome 1 de la Umbrella Academy dont je vous ai parlé sur la page 1 du topic, à grand renfort de pub (méritée) de la part de Delcourt.
Rien à redire, c'est toujours aussi violent (... dans les deux sens du mot en fait), et la trad de Delcourt est bien puissante.
Et on peut bénéficier de 2 petits chapitres spéciaux en fin de volume (dont l'un ne sert franchement à rien, en plus d'être impossible à situer chronologiquement.)
En revanche, sur le plan des critiques, deux détails sur lesquels on peut s'en prendre à l'éditeur US dans la forme de ce volume relié:
-j'aurais mis le chapitre spécial sur le Magicien du Meurtre en prologue du volume, ça fait une assez bonne intro, et non isolé à la fin.
-absence des pages récapitulatives de chaque chapitre qui accompagnaient les chapitres prépubliés. C'est évidemment logique, mais le désavantage c'est que du coup on perd la présentation des pouvoirs des 7 héros. C'est pas un problème pour la plupart (on les découvre visuellement au fil des pages), sauf qu'on est réduit à des suppositions sur ce que montre l'Horreur et qu'on ignore complètement celui du Kraken.
Mais ça reste des détails, et en bref je conseille la lecture de ce comics à tous les gens en quête de nouveauté.

Régent de l'Empire en exil.
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Whophon Capitaine de division
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Posté le: 12/09/2009 - 11:52 Sujet du message: |
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Juste pour dire, parce qu'il fallait que je l'écrive quelque part, que Dark Horse a sorti certaines de ses prépublications hebdomadaires de Septembre, ce qui concerne l'univers Hellboy. Autant l'arc "1947" de BPRD et l'arc "In the Service of Angels" de Witchfinder sont surtout intéressants pour leurs clins d'œil à l'histoire principale... autant l'arc "The Wild Hunt" de Hellboy est une tuerie de très haut niveau. Mignola est, toute catégorie confondue, le seul auteur capable de prendre des éléments aussi anciens de ses histoires pour en faire des révélations de ce calibre. Je me demande si même Kishiro avec Gunnm est capable de remonter si loin.
En fait c'est ça: Hellboy pour le Fantastique et Gunnm pour la SF. Indétrônable.
Accessoirement on vient aussi d'apprendre le nom du père de Hellboy, genre près de 20 ans après son apparition dans les pages du comics.
Ce n'est pas forcément le forum pour en parler davantage mais en ce moment on commence une phase sympa dans les quelques comics que je suis. Outre Hellboy et le prochain démarrage de "BPRD: The King of Fear", il y a les 2 seules séries Marvel que je suis (X-Force et New Mutants) qui se rejoignent en Cross-over à partir d'octobre, avec comme trame le faux "retour" de pas mal de bad guys de mon enfance. Tout un programme.
C'est juste dommage que Panini Comics donne tout sauf envie de suivre ses publications. Heureusement que Hellboy relève de Delcourt.

Régent de l'Empire en exil.
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Whophon Capitaine de division
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Posté le: 12/09/2009 - 12:41 Sujet du message: |
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Oui, les Fils du Dragon (plus prosaïquement appelés "Les Grenouilles") sont la Nemesis du BPRD. Ils apparaissent dès le tome 1 de Hellboy, reviennent pour "Le Ver Conquérant", réapparaissent dans le tome 3 de BPRD et à partir de là servent de toile de fond à cette série. Quelle que soit leur forme (car cette race connait des évolutions très rapides XD) ou leurs alliés (car tous les ennemis de l'univers Hellboy se retrouvent au moins une fois de leur côté, ce qui n'a rien d'étonnant vu que les grenouilles sont l'engeance d'Ogdru-Jahad, qui est lui-même le boss de fin de la série ^^)
Pour "The Crooked Man", de toute façon il n'arrivera sans doute jamais en France vu qu'il ne fait que 3 chapitres et ne peut donc pas entrer en volume relié. Il faudra attendre que sorte aux USA un volume récapitulant toutes les petites histoires (genre Crooked Man, The Chapel of Moloch, etc...) comme l'a fait le volume "Trolls et Sorcières" mais c'est pas pour de suite...
Le graphisme de Crooked Man est pas terrible, l'histoire est anecdotique, en revanche c'est sans doute une des plus glauques de la franchise, tout en étant assez morale finalement.
Concernant The Wild Hunt, au final il ne sera pas plus long que les autres: un quart de chaque chapitre est consacré à une histoire sans aucun lien avec la trame principale, parfois même sans aucun lien avec l'univers Hellboy, et elles n'apparaitront pas forcément en relié.

Régent de l'Empire en exil.
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Rom1 Plus
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Whophon Capitaine de division
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Posté le: 28/09/2009 - 16:22 Sujet du message: |
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Voilà. Alors, pour ceux qui veulent un résumé rapide, c'est extrêmement simple. Je suis entré dans le magasin. J'ai lu le Prologue. J'ai pris les 2 tomes, je les a acheté, suis rentré chez moi et les ai lu, avant de les ranger sur mon étagère de comics entre Watchmen et Hellboy. Cela ne m'était pas arrivé depuis la fois où j'ai découvert sur les étagères de mon revendeur que la suite de Gunnm était parue sous le nom de Last Order avec déjà 3 volumes sortis en France.
Je ne sais pas trop quoi en dire. Déjà, commencer par le plus étonnant: comment est-il possible d'avoir autant à dire en sortant de la lecture de 2 volumes aussi courts?
Oui, car c'est le seul bémol: les histoires sont courtes. Ce n'est pas grave en soi car il y a un parti pris respectable de suivre le "format comics", mais disons que c'est peut-être un peu cher comparé au temps de lecture. Cela étant, quand on regarde les étagères d'à côté avec les BD françaises mystico-ésotériques surfant sur la vague du complot vaticano-templier version Da Vinci Code à un prix frôlant l'obscénité, on se dit que l'occasion de ne pas lire de la daube est trop rare pour la laisser passer.
Tant que je suis sur la forme:
-ah, un autre bémol mais plus subjectif: les couv sont très bien mais pas spécialement accrocheuses, je trouve. Question de couleur, peut-être. Mais ça, mine de rien, c'est autant la responsabilité du vendeur (choisir où mettre ses bouquins sur l'étal) que de l'éditeur/auteur.
-la taille de la BD. Quel bonheur, mes amis, d'avoir enfin un auteur qui a compris que le format "album franco-belge de grande taille et 60 pages à sortir une fois par an" était dépassé. Ici, oui, c'est un format comics à tous les niveaux, OK il y en aura pour crier sur cette vilaine mode atlantiste, mais d'une part c'est thématique avec le sujet, et d'autre part... ben c'est ça qui marche, c'est tout. On est dans une société de vitesse, pour le meilleur et pour le pire, et il suffit de voir combien de BD françaises s'interrompent ou sombrent dans le nawak pour voir que le format "1 fois l'an, et encore c'est si vous êtes gentils" a connu de meilleurs jours.
Par ailleurs, cette BD bénéficie déjà de ce que je m'amuse à nommer "le syndrome Bleach." C'est à dire que, quand vous aurez vos 6 volumes de la Brigade Chimérique, vos 10 chapitres + prologue + éventuellement épilogue, et bien lire toute l'histoire d'une traite sera sans doute un pur moment de bonheur (en tout cas j'espère), car rien qu'en ayant lu 2 tomes à la suite je suis déjà charmé. Ce sera une sorte de grand film sur papier. Avec le semi-regret qu'on peut éprouver à la fin de Watchmen, par exemple: pas de suite possible (puisqu'on nous annonce qu'il s'agit de "l'histoire de la fin des super-héros européens.")
Sur le fond, c'est une réussite. Les personnages ont un côté rétro tout en étant extrêmement impressionnants, et le reconstitution d'un Paris uchronique avec l'usage de vieilles affiches et photo aide beaucoup. L'utilisation des vieux romans de SF et contes/urban legend d'après-guerre est très habile. On va me dire que Moore l'a déjà fait avec sa Ligue des gentlemen Extraordinaires. Oui... et non. Parce que Moore s'intéresse davantage au XIXème siècle qu'à l'entre-deux guerres comme ici, parce qu'il se focalise beaucoup sur l'Angleterre... et parce qu'il y a une complaisance pour le vice et le sadisme chez Moore qui de toute façon me feront préférer une autre approche.
Autre point, que j'observe de plus en plus avec grand plaisir un peu partout: la neutralité. Une chose qui m'énerve est un auteur qui n'écrit pas une histoire où il manifestera ses idées mais qui écrit une histoire comme prétexte au matraquage de ses idées. Eh bien ici, on a une sorte d'honnêteté historique assez appréciable. Bien sûr, il y a les méchants nazis habituels, c'est évident, mais on retrouve ce petit côté manipulateur de la France qui laisse les évènements arriver au détriment de ses alliés, et le côté fanatisé et inquiétant des Soviétiques (avec même une allusion sur le sort qu'ils ont fait subir à leurs alliés pendant la guerre civile espagnole.) C'est anecdotique au regard de la BD, mais en réalité ça vous plonge carrément mieux dans l'ambiance de l'époque (malgré l'aspect uchronie), et surtout ça vous laisse dans le noir total pour savoir à quoi joue qui.
Côté narration, les auteurs ont utilisé l'idée classique de la réunion de super-héros pour présenter brièvement tout le monde au départ avant d'approfondir ces personnages. Mais ça marche fort bien.
Côté spectaculaire... il y aurait beaucoup à dire (et c'est déjà bien en soi, ça signifie que les auteurs remplissent la part "action" que demande une BD de super-pouvoirs, au lieu de faire une BD pour salons de thé.) Mais je retiens par exemple le coup du nuage noir utilisé par le Nyctalope: voilà une excellent idée qui fait d'un personnage au pouvoir mineur ("je vois dans le noir") un adversaire dangereux.
Et enfin, je ne pouvais pas passer à côté: la référence à Mike Mignola et son "Hellboy." Il n'y a pas de référence directe, mais, en plus du style graphique, rien que la première scène sonne comme un hommage: un mort-vivant en uniforme nazi qui fouille une ruelle sans un seul dialogue, avec en aparté un texte de Nietzsche rappelant les poèmes que Mignola utilise pour mettre l'ambiance.
A ce propos, j'ai vu sur le blog de Rom1 (que je remercie pour avoir fait atterrir ici l'existence de cette œuvre) que ce genre d'univers serait parfait à adapter en JdR. C'est évident. Mais en plus, les sources d'inspiration pour MJ en rade ne peuvent pas manquer même sans aller chercher automatiquement dans les vieux bouquins. Les passerelles, par exemple, avec l'entre-deux guerres de l'univers Hellboy sont légions: outre la présence de super-héros et de super-agents de l'Axe, il y a la présence de Steele qui ancre la BD dans l'univers des comics DC/Dark Horse, et un personnage comme la Phalange fait furieusement penser à la Flamme Noire de Hellboy...
Bref, moi qui attendait une BD française autre qu'humoristique à ranger au niveau de mes coups de cœur US (Hellboy, BPRD, Umbrella Academy) et japonais (Gunnm, Claymore, DGray et Bleach), c'est chose faite.

Régent de l'Empire en exil.
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